Buvons-nous une eau de qualité ?

L’eau qui coule de nos robinets est déclarée officiellement potable. Mais l’est-elle réellement ? Nous sommes nombreux à en douter et à opter pour l’eau en bouteille ou les différentes solutions de filtration. Mais tout cela est-il suffisant pour nous assurer une bonne santé ? Petite analyse de notre réseau de distribution d’eau, passage au crible de nos bouteilles en plastique et état des lieux des systèmes filtrants.

Le réseau de distribution de l’eau

Les usines de distribution françaises puisent l’eau via des stations de pompage qui aspirent l’eau des nappes phréatiques ou des cours d’eau. Celle-ci est généralement filtrée, traitée puis chlorée afin de prévenir les développements bactériens.
Or, l’eau pompée peut contenir :
  • Des pesticides
  • Des fongicides
  • Des nitrates et des phosphates provenant principalement des traitements des cultures et des rejets domestiques
De plus, pour améliorer l’aspect de l’eau, certaines stations utilisent de l’aluminium. Ce qu’il faut savoir, c’est que les boues des stations d’épuration sont répandues dans les champs et que leur contenu retourne dans la nappe phréatique : métaux lourds, résidus médicamenteux, hormones...

Nos médicaments polluent nos rivières

C’est la nouvelle interrogation des chercheurs ayant analysé l’eau juste après le passage en station d’épuration : l’eau rejetée contient les résidus des médicaments les plus consommés, à commencer par les hormones présente dans les pilules contraceptives… Médecins et experts lancent l’alerte ; la surconsommation de médicaments est l’un des symptômes de notre société moderne…

Nos reins filtrent notre sang et évacuent dans l’urine ce qui n’est pas bon pour notre corps, de même que nos selles évacuent nos résidus alimentaires chargés de molécules médicamenteuses. Les eaux usées de nos toilettes sont ensuite remises en circulation dans les stations d’épuration qui n’ont pas été conçues pour traiter et éliminer ces résidus toxiques. Le phénomène est effet relativement récent… Selon Hélène Budzinski, chercheuse au CNRS en physico et toxico chimie de l’environnement, « Nous consommons des médicaments qui passent dans nos urines. La réglementation sur le traitement des eaux n’a jamais prévu ce problème. »

Pouvons-nous raisonnablement exiger que l’eau du réseau soit débarrassée de tous ces polluants alors que 90% de cette eau va servir pour des usages externes (machine à laver, toilettes, WC, arrosage…) ? Le coût pour la collectivité serait faramineux !

Nous avons alors le choix, pour l’eau de boisson et de cuisine, soit de filtrer l’eau du robinet, soit d’acheter de l’eau en bouteille. Oui, mais…

L’eau en bouteille

De la conformité des eaux embouteillées en France

Une enquête a été menée au troisième trimestre 2006 dans 13 régions françaises sur les eaux minérales naturelles embouteillées en France ou originaires de l’Union Européenne. Celle-ci souligne que près d’un quart des eaux en bouteille examiné présente une composition non conforme aux teneurs indiquées ou aux normes en vigueur.
Cette enquête, menée par la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes avait pour objectif de déterminer les teneurs résiduelles :

  • En fluor, sur des eaux susceptibles de présenter des taux supérieurs à 1,5mg/L mais ne comportant pas dans leur étiquetage l’avertissement relatif à la présence de fluor au delà de ce seuil.
  • En bromates et en bromoformes, pour les eaux susceptibles d’avoir été traitées à l’air enrichi en ozone mais n’en faisant pas mention sur l’étiquette.
  • En arsenic, en baryum et en manganèse.

(Intégrer une vidéo itw d’un ancien employé Vittel)

Un coût énergétique et environnemental important

Avant d’être mise en rayon, l’eau en bouteille est souvent stockée en plein soleil par les embouteilleurs, puis les supermarchés. Composants chimiques du plastique et perturbateurs endocriniens ont alors tout le loisir de pénétrer dans l’eau !
Connaissez-vous le principe d’eau virtuelle ? Il faut 17L d’eau pour obtenir 1L d’eau en bouteille sur notre table !
La consommation d’eau en bouteille n’est pas sans conséquences car elle nécessite de l’énergie pour l’acheminement et la fabrication des bouteilles, contrairement à l’eau du robinet qui bénéficie la plupart du temps d’un système de distribution beaucoup plus rentable et moins énergivore.

La filtration de l’eau

Plusieurs systèmes existent déjà à l’heure actuelle. Ils représentent un progrès et fournissent une eau bien moins nocive que l’eau du robinet mais ne sont néanmoins pas encore suffisants pour redonner à l’eau ses qualités optimales.

Les carafes filtrantes

Elles filtrent les impuretés, retiennent les éventuels mauvais goûts et mauvaises odeurs et absorbent le chlore. Mais attention à changer régulièrement les filtres, sinon elles relarguent ces impuretés dans l’eau…

L’adoucisseur d’eau

Un adoucisseur fonctionne grâce à une résine sur laquelle sont fixés les ions sodium (Na+). Les ions calcium (Ca2+) de l’eau dure sont échangés lors de leur passage sur la résine par les ions Na+. Lorsque tous les ions Na+ de la résine sont consommés, il faut régénérer l’adoucisseur. On lui apporte alors une solution saturée en sel (chlorure de sodium NaCL), riche en ions Na+. De leur côté, les ions calcium sont évacués à l’égout avec les eaux de rinçage. Le procédé d’adoucissement remplace le calcaire par du sodium ; la limite indiquée par la réglementation (directive européenne 98/83EC) est de 200 mg de sodium par litre d’eau. Or, adoucir de 1°F apporte 4,6 mg de sodium par litre.

Quel est le risque de toxicité ?

Une eau très douce peut ronger la tuyauterie et dissoudre le métal dans l’eau, la rendant alors impropre à la consommation. Le plomb provoque également le saturnisme : attention à l’eau rouillée avec des canalisations en acier galvanisé et à l’eau bleue avec des tuyaux en cuivre.

La qualité minérale de l’eau est-elle diminuée ?

Les sels minéraux calcium et magnésium sont remplacés par le sodium. Une eau riche en sodium est déconseillée pour les hypertendus, les cardiaques, les femmes enceintes, les nourrissons et les personnes soumises à un régime sans sel.

Y’a-t-il un risque d’apparition de bactéries ?

Régénérez régulièrement la résine de l’adoucisseur d’eau et par mesure de sécurité désinfectez-le plusieurs fois par an. Lorsque l’appareil est au repos plusieurs jours, des bactéries se multiplient en raison de la stagnation de l’eau.

Les osmoseurs
Les osmoseurs réalisent une ultrafiltration de l’eau. En sortie, l’eau déminéralisée est « morte ». De plus, ils nécessitent une filtration et un système antitartre préalable pour prévenir l’encrassement de la barrière d’osmose.